Quelques Repères historiques

C'est en 1851, qu'un petit armateur marseillais, M. Rostand, proposa à Ernest Simons, directeur d'une compagnie de messageries terrestres, les messageries nationales, de s'associer pour créer une compagnie maritime de Messageries, qui prit le nom de Messageries Nationales, puis Messageries Impériales, pour devenir en 1871 la Compagnie des Messageries Maritimes (2). Deux ingénieurs, Dupuy de Lôme et Armand Brehic s'associèrent au projet, encourageant notamment le rachat des chantiers navals de La Ciotat en 1849. C'est dans ces chantiers que la Compagnie a fait construire la majorité de ses navires. Ses navires assuraient deux sortes de lignes: des lignes purement commerciales, indépendantes de l'Etat, et des lignes postales, subventionnées.(1)
 

navires en baie de La Ciotat
Navires des Messageries Maritimes
ancrés en baie de La Ciotat

Les premières furent les lignes du Levant. Ses navires participèrent activement au transport des troupes pendant la guerre de Crimée, à la grande satisfaction de l'empereur, qui en 1857 lui concéda la ligne Bordeaux-Brésil, première ligne commerciale transatlantique française exploitée par des navires à vapeur, tandis que la Société Générale Maritime, future Compagnie Générale transatlantique s'octroyait l'année suivante les lignes de l'Atlantique Nord.
 


La "Guyenne" paquebot à aubes en
service sur l'Atlantique sud (1860)

De 1871 à 1914, La Compagnie des Messageries maritimes va connaître son âge d'or. C'est la grande période de l'expansion coloniale et de l'interventionnisme français au Proche et Moyen orient. Les paquebots marseillais vont sillonner sans cesse la Méditérrannée, la Mer Noire, puis la mer Rouge, l'Océan Indien, la Mer de Chine, et enfin le Pacifique. A l'Ouest, la ligne d'Amérique du Sud va s'étoffer. Même l'Atlantique Nord connaîtra les navires à la double cheminée si caractéristique, qui assurent une ligne Londres-Dunkerque-Le Havre-Marseille.

Au Levant, les escales ont pour nom Malte, Alexandrie, Port-Saïd, Beyrouth, la Syrie, Smyrne, Constantinople, la Mer Noire.

Dans l'Océan Indien, elle dessert Mahé des Seychelles, La Réunion, Maurice, Zanzibar bien sûr Madagascar.
 

l'agence des MM à Zanzibar
Les quais de Zanzibar avec à droite 
l'agence des Messageries Maritimes

 

Mais aussi les Etablissements français de l'Inde. A Pondichery, le port insuffisant nécessite l'utilisation de barques de charge:


Pondychery: une barque de charge
Pondichery: lancement d'une barque
de charge

L'Extrême Orient est le domaine réservé des MM. Saïgon devient le deuxième port d'attache de la Compagnie, d'où rayonnent des "stationnaires", bateaux de plus petit tonnage affectés aux lignes locales. Ils font le service d'Haïphong pour le Nord du pays, mais aussi des îles de Poulo-Condor et de leur bagne de sinistre mémoire, Hong-Kong ou Shangaï
 

Le bureau des MM à Haïphong
Le bureau des Messageries Maritimes
à Haïphong
l'appontement de Poulo-Condor
L'appontement de Poulo-Condor

L'autre grande ligne de l'Extrême Est est celle qui, par Bombay et Colombo dessert l'Australie et la Nouvelle calédonie...
 
 

Dans l'Atlantique Sud, la ligne du Brésil s'est continuée jusqu' à Montevideo, puis Buenos-Ayres. elle dessert aussi Dakar, en pleine expansion. Moins importante, et surtout moins célèbre, son port d'attache est Bordeaux. En 1912, à la fin du contrat de subvention avec l'état pour le service postal, les MM abandonnent cette ligne, reprise par la Compagnie Sud-Atlantique, filiale des Chargeurs réunis.
 
 

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©Philippe RAMONA 11/10/98